Australie : une application contre la Covid-19 fait scandale

Comme la Nouvelle-Zélande et la plupart des pays asiatiques, l’Australie a choisi la stratégie du « zéro Covid » depuis le début de la pandémie. Résultat, le taux de vaccination de l’Australie est le plus bas des 38 pays de l’OCDE avec moins de 5 % des Australiens complètement vaccinés, et les autorités continuent de miser sur ces trois étapes : dépister – identifier – isoler. Désormais, il faut ajouter « surveiller ».

En effet, le pays est frappé de plein fouet par le variant Delta et l’armée est déployée pour que le confinement soit respecté. Comme par exemple à Sydney, confinée depuis deux mois parce que l’on a atteint les 600 cas positifs par jour. Un chiffre dérisoire par rapport à ceux en Europe ou outre-Atlantique, et pourtant les règles se sont sérieusement durcies.

Un selfie pour prouver le respect de la quarantaine

En Australie-Méridionale, dont la capitale est Adélaïde, on a opté pour une application sur téléphone mobile pour faire respecter les mises en quarantaine fixées à 14 jours. Elles s’appliquent aux personnes qui circulent d’un État à un autre, et c’est dans l’optique de surveiller ces mises à l’isolement que cet État teste actuellement Home Quarantine SA. C’est un peu comme si TousAntiCovid avait croisé 1984, le roman de Roman de George Orwell, en termes de surveillance.

Concrètement, cette application active la géolocalisation, mais elle y ajoute une touche de biométrie puisque les utilisateurs, placés en quarantaine, doivent prouver qu’ils sont bien à l’isolement à l’endroit imposé. Comment ? En envoyant un selfie ! Dans la fiche de l’application, on découvre ainsi que chaque utilisateur subit en direct « des contrôles multiples et aléatoires de l’emplacement pour confirmer qu’il est à l’adresse de quarantaine enregistrée ».

Généralisée à tout le pays ?

En fait, la police envoie des textos dans la journée, et à la réception, l’utilisateur doit se prendre en photo dans le lieu de quarantaine. Si la police a un doute ou s’il n’y a pas de réponse, elle se rend sur place ! Sans surprise, cette application provoque un tollé, et une association pour la défense des libertés individuelles (la NSWCCL) demande un moratoire sur son utilisation. Citée par The Guardian, cette association pointe du doigt l’absence de législation pour les applications de ce type et les difficultés pour évaluer les problèmes de confidentialité, de la durée de conservation des données, des personnes avec lesquelles elles sont partagées et de la manière dont elles sont stockées.

Du côté des autorités, le Premier ministre de l’État, Steven Marshall, assure que les informations recueillies par l’application resteront confidentielles et qu’elles ne seront pas stockées. « Nous l’utilisons simplement pour vérifier que les gens sont bien à l’endroit qu’ils ont indiqué pendant la quarantaine », a-t-il déclaré sur ABC. Sûr de son application, développée par ses services informatiques, il est persuadé qu’elle va faire des petits. « Je suis certain que la technologie que nous avons développée au sein du gouvernement d’Australie-Méridionale deviendra la norme nationale et sera déployée dans tout le pays », conclut-il. « Chaque habitant d’Australie-Méridionale devrait être fier que nous soyons le pilote national de l’application de quarantaine à domicile ».

Source: futura-sciences.com

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