Royaume-Uni : 314 squelettes témoignent des inégalités sociales du Cambridge médiéval

C’est une étude parue le 25 janvier qui le dit : à Cambridge, de multiples preuves de «traumatisme squelettique» chez plus de 300 défunts du Moyen Age révèlent des niveaux de vie variables. Explications.

On ne parle pas d’un crossover entre la série Bones et les aventures de frère Cadfael. Des archéologues britanniques ont bel et bien comparé les restes humains de 314 défunts datant du 10e au 14e siècle, prélevés dans trois lieux du centre historique de Cambridge.

Leur dada ? Les preuves de «traumatisme squelettique», une sorte de baromètre des niveaux de difficultés endurées dans la vie. Dans une étude parue le 25 janvier dans The American Journal of Physical Anthropology, ils dévoilent comment les inégalités sociales demeurent inscrites dans ces vieux os du Moyen Age.

Pour faire la lumière sur toutes les classes sociales, ils ont exhumé des squelettes du couvent des Augustins où reposaient de riches donateurs aux côtés du clergé, du cimetière paroissial de All Saints pour les travailleurs ordinaires, et du cimetière de l’ancien site de l’hôpital de St John the Evangelist pour les infirmes et les indigents.

Les chercheurs ont ensuite catalogué la nature de chaque blessure. Grâce aux rayons X, ils ont découvert que 44 % des travailleurs présentaient des fractures contre 32 % de ceux du couvent et 27 % de ceux enterrés par l’hôpital. Partout, elles étaient plus fréquentes chez les hommes (40 %) que chez les femmes (26 %).

« Cependant, les femmes, qui effectuaient régulièrement des travaux manuels, couraient également un risque accru de se blesser », écrivent-ils. Sans parler des violences domestiques. Une femme âgée, enterrée sur le cimetière paroissial, portait ainsi des marques intrigantes. « Elle avait beaucoup de fractures, qui ont toutes guéri bien avant sa mort. Plusieurs de ses côtes avaient été cassées ainsi que de multiples vertèbres, sa mâchoire et son pied », a déclaré dans un communiqué Jenna Dittmar, auteure principale de l’étude et experte ès paléopathologie. « Il serait très surprenant que ce soit le résultat d’une chute. Aujourd’hui, la grande majorité des fractures de la mâchoire observées chez les femmes sont le signe de violences conjugales.»

Autre constat : si la vie était plus dure au bas de l’échelle sociale, elle l’était partout. « Les traumatismes graves étaient répandus dans tout le spectre social », ajoute Jenna Dittmar. Les blessures les plus spectaculaires ont d’ailleurs été trouvées sur des frères augustins. L’une provoquée par grave un accident de charrette ayant entraîné la fracture des fémurs, l’autre, un traumatisme crânien, due à un objet contondant.

Source: geo.fr

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