Législatives 2019 – Le Conseil des Religions : « Voter de manière responsable et citoyenne »

A l’approche des élections générales, annoncées pour le 7 novembre prochain, les membres du Conseil de Religions, voudrions adresser aux Mauriciennes et Mauriciens un message commun où ils proposent quelques repères qui peuvent nous aider à mieux vivre ces élections, que nous soyons électeurs ou candidats. Le Conseil des Religions propose qu’aucune religion ne doive se mêler de politique de partis. Elle doit laisser l’entière liberté à chacun d’exercer sa responsabilité en son « âme et conscience », sans lui donner des consignes de vote. C’est pourquoi, les membres du Conseil des Religions s’engagent à rejeter tout discours partisan en faveur d’une formation politique ou d’une autre. Le Conseil réaffirme leur conviction pour un État séculier. Cela consiste à distinguer la sphère politique et la sphère de la religion. Ce qui n’empêche pas un partenariat car religion et politique peuvent grandement collaborer pour le service de l’Homme et de la Nation toute entière.

En effet, les religions véhiculent des valeurs qui sont enracinées dans leurs Écritures sacrées et qui peuvent éclairer l’organisation politique de toute société. C’est pourquoi ils font un appel à toutes les Mauriciennes et tous les Mauriciens pour qu’ils exercent leur droit de vote de manière réfléchie et sérieuse. Plus qu’un droit, voter est un devoir ; voter est une action civique qui incombe à tout citoyen, car l’avenir politique, économique et social de notre pays en dépend.

Ce devoir concerne également les politiciens, les candidats et les élus. Une grande responsabilité repose en effet sur eux : celle de réaliser le bien commun, c’est-à-dire d’organiser dans les meilleures conditions le « vivre ensemble » de personnes et de groupes qui sont différents les uns des autres par la culture et la religion.


Appel aux citoyens

  • Nous avons le devoir d’exercer sérieusement notre droit de vote. Avant de voter, nous devons réfléchir et prendre en considération le mérite du candidat et sa capacité de proposer un projet viable pour l’intérêt de tous. Nous condamnons tout vote « communal » ;
  • Un citoyen qui se respecte ne vend pas son vote en échange d’un quelconque avantage. Échanger ou vendre son vote est un acte indigne qui va à l’encontre de toute action civique ;
  • Il est antipatriotique de voter pour quelqu’un qui défendra uniquement ses intérêts ou ceux de son groupe. On ne vote pas « pou rod so bout ». Le droit de voter nous est donné pour élire des hommes et des femmes qui œuvreront pour le bien commun de toute la Nation.

Appel aux candidats

Alors que nous sommes entrés en plein campagne électorale, nous voudrions lancer un appel aux politiciens et aux candidats en particulier.

  • La politique est un engagement noble au service de l’Homme. Nous voudrions que la campagne électorale se déroule sans dérapage, quel qu’il soit, sans utilisation de langage grossier qui attaquerait la dignité de la personne, sans excès qui nuirait à soi ou à autrui ;
  • La religion et les lieux de cultes ne doivent pas être utilisés comme une plate-forme électorale pour les candidats. Nous ne pensons pas qu’il soit opportun qu’un candidat utilise son appartenance religieuse pour parvenir à des fins politiques ;
  • Il est malheureux de constater qu’au cours des campagnes électorales, l’harmonie et la paix sociale sont souvent menacées. Par des paroles et des comportements racistes, certaines pratiques partisanes, électoralistes ou politiciennes peuvent détruire, en l’espace de quelques minutes, tout le travail accompli pendant des années pour construire notre unité par des hommes et des femmes de tout bord et de toute religion. Notre unité est notre bien le plus précieux ; elle ne doit être sacrifiée à aucun prix et surtout pas pour un avantage politique momentané.

Et après… ?

Nous voudrions saisir cette occasion pour exprimer aussi d’autres préoccupations, par rapport à la société mauricienne, à ceux et celles qui seront élus aux prochaines élections :

  • Une recrudescence de la violence a été enregistrée dans le pays, créant un sentiment d’insécurité.
  • La misère, la pauvreté, la recrudescence de la drogue et les fléaux sociaux perdurent ; certains emplois demeurent précaires tandis que le chômage augmente.
  • Le développement économique dans une conjoncture mondiale difficile doit mobiliser l’attention et les énergies de toutes les parties prenantes de la société et de tous les citoyens en général, incluant ceux qui sont les plus défavorisés, les plus faibles, les moins visibles, les oubliés du développement.
  • Le communalisme menace toujours de resurgir dans les moments de tension. Il est urgent de consolider notre identité patriotique et de donner aux Mauriciens un sens d’appartenance à la Nation. Un effort spécial d’éducation à la citoyenneté doit être mis en place dès l’école primaire. L’éducation au dialogue interreligieux doit aussi trouver sa place dans le cursus scolaire.

La Rédaction Maurice Actu

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