Une centaine de volcans se cachent sous l’Australie

Au large du Queensland, un état du nord-est de l’Australie, on trouve la fameuse grande barrière de corail. Mais le Queensland, ce sont aussi d’importants bassins sédimentaires riches en pétrole et en gaz. Les bassins de Cooper et d’Eromanga constituent même la plus vaste région australienne productrice d’hydrocarbures onshore.

Et des chercheurs de l’université d’Adélaïde (Australie) et de l’université d’Aberdeen (Écosse) viennent d’y faire une découverte étonnante. Sans rapport direct avec les énergies fossiles cependant. Ils viennent d’y trouver un champ souterrain d’une centaine de volcans datant de l’époque du Jurassique. Un champ qui s’étend sur quelque 7 500 km2 tout de même.

C’est grâce à une technique d’imagerie souterraine perfectionnée que la découverte a pu être faite. Une technique analogue à la tomodensitométrie, plus couramment appelée scanner, qui mesure l’absorption des rayons X par les tissus puis, après traitement informatique, fournit une image des structures biologiques scannées. Les chercheurs ont ainsi « mis à jour » les cratères de ces volcans enfouis, des coulées de lave et des chambres magmatiques profondes.

Selon les chercheurs, ces volcans se seraient développés durant le Jurassique, il y a entre 180 et 160 millions d’années. Ils devaient alors cracher de la lave et des cendres chaudes sur toute la région. Une région aujourd’hui aride et recouverte par des centaines de mètres de roches sédimentaires ou stratifiées.

Le plus étonnant, c’est qu’habituellement, l’activité volcanique se concentre aux limites des plaques tectoniques ou sous les océans. Or ce champ de volcans est installé au cœur du continent australien. Il serait le résultat d’une remontée convective intraplaque au-dessus de la plaque Pacifique en subduction. « Cette découverte laisse entrevoir la possibilité que davantage de mondes volcaniques inconnus se cachent encore sous la surface de l’Australie ou ailleurs », suppose Simon Holford, chercheur à l’université d’Adélaïde.

En effet, même si la région a été largement sondée depuis la première découverte de gaz en 1963, ces volcans étaient jusqu’alors restés cachés aux yeux des chercheurs. Cette découverte suggère que l’activité volcanique a été importante dans la région durant la période du Jurassique. Et « cela change la façon dont nous comprenons les processus qui ont eu cours dans le passé de notre Terre », conclut Nick Schofield, géologue à l’université d’Aberdeen.

Source: futura-sciences.com.

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