Crise de l’eau en Inde : la ville de Chennai est assoiffée

Conséquence du retard de la mousson, l’Inde fait face à une vague de chaleur et une crise d’eau sans précédent. La capitale du Tamil Nadu, Chennai, est à sec. Ses réservoirs sont quasi vides et des manifestations ont éclaté dans cette métropole aux 10 millions d’habitants. La gestion de l’eau par l’État est clairement mise en cause quand ce dernier nie la pénurie d’eau et crie à l’exagération.

« C’est la pire vague de chaleur de l’histoire ». Voici comment Anup Kumar Srivastava de l’Autorité indienne de gestion des catastrophes décrit à Reuters la situation climatique en Inde. Le pays, où les températures ont atteint les 50°C, a attendu pendant des semaines la mousson qui assure normalement 70 % des précipitations annuelles. La pluie arrive doucement depuis quelques jours, du sud vers le nord, mais les stigmates de la sécheresse sont encore présents.

Chennai, capitale du Tamil Nadul, sixième ville du pays, était encore à sec le 23 juin. Il n’y avait presque plus d’eau dans les quatre réservoirs qui alimentent la métropole et ses 10 millions d’habitants. Les médiaux locaux rapportent que les résidents devaient rester debout la nuit, pendant des heures, faisant la queue en attendant un approvisionnement rare. Certains ont été contraints de ne pas aller travailler, leur entreprise ayant préféré fermer leurs locaux pendant cette période.

« Le fait que les habitants reçoivent un approvisionnement minimal en eau (…) provenant principalement d’usines de dessalement, de lacs lointains et de puits de ferme, témoigne de la négligence de la gouvernance de l’eau », souligne le journal The Hindu. Selon l’activiste Jayaram Venkatesan cité par l’AFP, plusieurs familles fortunées ont pu acheter des citernes d’eau privées mais les bidonvilles, eux, sont délaissés.

Des camions-citernes attaqués

La situation est telle que des manifestations ont éclaté, notamment déclenchées par les propos du ministre en chef du Tamil Nadu. Edappadi K. Palaniswami a nié l’existence d’une crise de l’eau et a indiqué que les médias exagéraient les informations. 550 personnes ont ainsi été arrêtées mercredi 19 juin pour avoir manifesté devant le siège de la municipalité de Coimbatore, la deuxième ville du Tamil Nadu. Les participants dénonçaient la mauvaise gestion de l’eau des autorités.

Selon Jyoti Sharma, la fondatrice de FORCE, une ONG indienne travaillant dans la conservation de l’eau, des affrontements ont éclaté à travers le pays. « Des camions amenant de l’eau dans les villes ont même été détournés et des chauffeurs ont été attaqués », a-t-elle expliqué à CNN.Aujourd’hui, les nappes phréatiques sont épuisées par les forages trop fréquents et les infrastructures ne sont pas adaptées à la captation de l’eau. Pour survivre au réchauffement climatique, le pays va devoir mettre l’accent sur l’adaptation.

Source: novethic.fr.

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