Canada : Pour mesurer la fertilité des sols, des agriculteurs enterrent des slips en coton bio

La méthode est aussi insolite qu’efficace : pour analyser la qualité de leurs sols, des agriculteurs y enterrent des culottes en coton bio, avant de les déterrer quelques mois plus tard. Le niveau de dégradation des sous-vêtements donne des indications sur la fertilité des sols et permet d’évaluer les effets des traitements chimiques ou biologiques utilisés pour cultiver la terre.

C’est une technique dite « écoagricole » qui nous vient tout droit du Canada : là-bas, à côté des carottes, des brocolis et des laitues, on y plante… des slips. Mais pas n’importe lesquels. Des slips en coton biologique, qui permettent aux agriculteurs de mesurer la fertilité et l’activité des sols en fonction des traitements pratiqués. Une méthode tout à fait sérieuse, donc, et bien utile, qui séduit de plus en plus d’agriculteurs français prêts à tenter l’expérience.

L’année dernière, la chambre d’agriculture du Var s’est associée à une trentaine d’exploitants agricoles afin d’enterrer sur leurs parcelles, à vingt centimètres de profondeur, 210 culottes en coton bio, avant d’être déterrées deux mois plus tard (le temps d’être « attaquées » par la vie biologique du sol). Résultat, le niveau de dégradation des sous-vêtements, du simple trou à de véritables lambeaux, a permis de récolter des indications précises sur l’état des sols. En l’occurrence, on remarque que plus la culotte est abîmée, plus l’activité du sol est intense, et le terrain fertile.

Deux questions subsistent : pourquoi une culotte (plutôt qu’un simple bout de tissu, par exemple) et pourquoi en coton bio ? Une culotte parce qu’elle contient un élastique, ce qui permet de la retrouver même si l’intégralité du tissu a été grignoté, en cas de sol porteur. Et du coton bio pour la simple et bonne raison que les espèces dans les sols n’auraient pas mangé les autres matières.

De nouvelles expériences de ce type sont régulièrement lancées en France, notamment pour sensibiliser les agriculteurs à la culture sans labour, une méthode qui consiste à limiter l’intervention humaine pour laisser les sols se régénérer naturellement, par le biais d’interactions entre les micro-organismes.

Dernière opération en date : l’événement #BreakSLIP organisé en Dordogne cette semaine, où des culottes 100 % coton ont été enterrées dans différents types de sol à travers le département. Le but ici est de pouvoir établir un plan global afin d’améliorer la résilience des zones rurales atlantiques face aux changements climatiques.

Source: geo.fr.

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