Économie Océanique : Maurice veut assumer le rôle de leader dans la pêche durable dans l’Océan Indien

Maurice prend les devants sur le plan du développement durable des ressources de pêche dans la région. La troisième édition de la plateforme de concertation entre les flottes de pêche européennes et les industries de transformation de thon de l’Océan Indien s’est tenue à Maurice et a débouché sur des avancées majeures dans le domaine de l’économie océanique.

Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a annoncé que la plateforme de concertation est désormais un instrument politique d’une importance capitale dans le cadre du développement durable des filières de l’économie océanique et aussi dans l’optique du partenariat économique entre la région et l’Union européenne (UE).

La plateforme s’est doté d’un mandat élargi pour intervenir dans les domaines de la sécurité maritime, de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), de la protection des ressources marine et du développement judicieux et durable des richesses marines dans cette partie du monde.

Lors de son discours à l’ouverture officielle de la troisième réunion de la plateforme de concertation ce jeudi 7 février 2019 à Balaclava, le ministre a mis l’emphase sur le caractère unique cette structure. « Il s’agit de l’unique instance mondiale de ce genre pour protéger l’océan et ses ressources », fait-il ressortir. La plateforme sera intégrée comme un instrument politique permanant à l’accord de partenariat économique (APE) entre la zone Afrique de l’Est et australe et l’UE, indique le ministre.

L’avènement de la plateforme de concertation est l’aboutissement d’importants efforts de lobbying par la diplomatie mauricienne menés par le ministre des Affaires étrangères à Bruxelles auprès des dirigeants européens.

Il s’agissait en premier lieu de proposer un cadre de dialogue et de contact structuré entre les flottes de pêche européennes opérant dans les eaux territoriales de Maurice, de Madagascar et des Seychelles et les industries de transformation de thon qui sont approvisionnées par les armateurs européens. Cette plateforme de concertation est venue assurer un approvisionnement régulier en poissons durant tout le long de l’année, et éviter des ruptures de stocks dont ont été victimes les industries de transformation en 2017.

Le système de gestion des captures (ou quotas) de pêche concernant les thons tropicaux de l’océan indien nécessite une collaboration active entre les flottes de bateaux de pêche et les industries de transformation qui ciblent le marché européen. La réduction potentielle des opportunités de pêche suite aux décisions récentes de gestion prises au niveau régional, notamment au niveau de la Commission Thonière de l’océan Indien (CTOI), a posé des défis majeurs à l’industrie avec des risques de rupture dans l’approvisionnement de thon.

Maurice a multiplié les initiatives de dialogue entre toutes les parties prenantes pour y trouver une solution durable. D’où la mise en place d’un mécanisme de concertation entre les flottes européennes, les usines de transformation et les officiels de gouvernement. Cette démarche a boosté l’industrie de transformation de thon, qui emploie plus de 10 000 mauriciens.

Une première réunion de la plateforme a eu lieu à Bruxelles le 22 août 2018 dans les locaux de la Direction Générale des Affaires Maritimes et Pêches (DG MARE,) suivie d’une seconde, aussi à Bruxelles, le 19 octobre dernier, ouverte officiellement par le ministre Lutchmeenaraidoo. Les deux réunions étaient co-animées par le gouvernement mauricien et la Commission européenne.

Ces deux réunions, qui ont permis un dialogue transparent et constructif entre les différents acteurs concernés, ont dégagé les convergences suivante:

Création d’une plateforme permanente de concertation, réunissant tous les acteurs de la filière, qui facilitera les échanges entre acteurs de l’industrie (flotte et transformation), et aussi au niveau politique, entre les gouvernements des pays concernés.

Partage de l’Union Européenne d’informations relatives à l’utilisation mensuelle des quotas européens de thon albacore. De son côté, l’industrie de transformation explorera la possibilité d’informer l’UE sur ses besoins en termes de longes de thon. Ces échanges permettront une meilleure prévisibilité

Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, s’est réjoui de l’apport de l’UE, partenaire de développement de premier ordre pour Maurice et la région, dans les efforts pour ramener la sérénité au sein de l’industrie de thon.

L’ambassadrice de l’UE à Maurice, Marjaana Sall, a rappelé les différents programmes de l’UE pour encourager le développement durable de l’économie océanique et la sûreté des mers dans la région.

Par ailleurs, grâce aux accords de coopération en place, Maurice et les Seychelles sont devenus les deux plus gros fournisseurs de thon sur marché de l’UE.

L’UE s’est ainsi engagée à veiller à la durabilité des espèces thonières et la mise en place de mesures de surveillance et de conformité des pêches, afin d’assurer l’approvisionnement pérenne et prévisible des usines de transformation de thon.

La Rédaction Maurice Actu