[VIDEO] Séga Tipik : une trace laissée par les esclaves

Le « séga tipik », qui s’écoute et se danse, est né dans les communautés d’esclaves au début du XVIIIe siècle. Depuis, il ne cesse d’évoluer.

Porté au départ par les ravannes (tambours en peau de chèvre), maravannes (hochets rectangulaires en bois contenant du sable ou des graines) et triangles, le « séga tipik » se présente souvent sous la forme d’un récit qui, établissant la répression de la pratique pendant la période de l’esclavage puis son implantation progressive dans l’espace public insulaire national, démontrerait l’émancipation de cette pratique vis-à-vis du pouvoir colonial. 

Il fallut attendre 1964 pour que le gouvernement organise la première nuit du « séga tipik » aujourd’hui inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial.

Le « séga tipik » mauricien traditionnel est un art du spectacle très dynamique, emblématique de la communauté créole ou pratiqué lors d’événements familiaux informels ainsi que dans des lieux publics. Les chansons, chantées dans une tonalité mineure, augmentent progressivement de rythme, tandis que les danseurs bougent les hanches et les mains au rythme des percussions, en faisant des petits pas pour évoluer les uns autour des autres en formation variée.

Chaque soliste improvise des paroles en langue créole, parfois mélangée à d’autres langues, tandis qu’un tambour, une boîte-hochet et un triangle donnent le tempo et produisent le rythme typique. Les chansons du séga parlent d’amour ou des difficultés du quotidien, et leurs paroles sont souvent représentées dans la chorégraphie.

Traditionnellement, les femmes portent de longues jupes et des jupons, tandis que les hommes portent des pantalons retroussés, des chemises colorées et des chapeaux de paille, rappelant la tenue de leurs ancêtres. Les principaux praticiens sont les chanteurs, les danseurs et les musiciens, qui transmettent leurs connaissances de façon aussi bien formelle qu’informelle par la participation et l’imitation. Certains praticiens fabriquent également les instruments et transmettent leur savoir-faire par l’apprentissage informel.

Représentant le multiculturalisme de la société mauricienne, le séga fait tomber les barrières culturelles et de classe, crée des opportunités de rencontres interculturelles, et unifie différents groupes autour d’un patrimoine mauricien partagé.

La Rédaction Maurice Actu

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